L’Ordre des Hospitaliers naquit de la volonté de former une organisation ayant pour vocation de soigner les malades et les blessés. Ce fut Gérard Tenque venu de Martigues en Provence qui en fut l’instigateur. Le premier hospice (dédié à saint Jean) fut construit à Jérusalem. Il était ouvert à tous quelque soit son rang social et servait d’hôtel et d’hôpital.
L’ordre est reconnu en tant que tel par le Pape Pascal II le 15 février 1113 sous l’appellation de : « l’Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem » .En 1130 le Pape Innocent II, donne aux Hospitaliers la croix blanche pour les différencier des Templiers et en 1140 l’ordre est reconnu comme militaire.
Les Hospitaliers sont répartis entre ceux qui rentrent dans l’ordre en faisant les 3 vœux et ceux qui sont affiliés à l’ordre. Dans le premiers cas, on y trouve les chapelains qui vouent leur vie à la prière et à l’hospice et ceux qui portent les armes : chevaliers ou sergents d’armes qui en temps de paix se chargent aussi de soigner les malades et les blessés. Ensuite, on trouve ceux qui vont se mettre sous la protection des Hospitaliers tout en apportant leur compétence : il peut s’agir d’artisans, de paysans ou de simples serviteurs mais aussi de chevaliers ou soldats qui se rattachent à l’ordre pour un temps sans toutefois faire les vœux.
L’ordre va s’étendre de l’Orient à l’Occident. Pour faciliter son organisation, il va regrouper ses possessions en provinces ou « Langues » elles seront au nombre de huit : Provence, Auvergne, France, Italie, Aragon, Castille, Angleterre et Allemagne.
Du fait de leur puissance et de leur indispensable présence en Terre Sainte, ils feront parti tout comme les Templiers de ceux qui vont influencer les accessions ou successions aux pouvoirs. Ils influeront aussi sur les actes et décisions de ces seigneurs tout acquis à leur cause. Cela les mettra souvent en opposition avec les Templiers.
Ils seront en charge de plusieurs forteresses dont celle du Krak qu’ils obtiendront en 1142 et qu’ ils perdront en1271.
Ils serviront tout comme les Templiers d’avant ou d’arrière garde lorsque les troupes Franques se déplaceront. Ils participeront également à de nombreuses batailles.
A la chute des États Latin en 1291, l’Ordre se replia sur Chypre ou le roi Henri de Lusignan leur offrit l’hospitalité. Ils s’ emparèrent de Rhodes entre 1306 et 1309. Les membres de l’ordre prirent pour un temps l’appellation de « chevaliers de Rhodes ». C’est à partir de ce moment que l’Ordre se forgea une des plus puissantes flottes de la chrétienté. Mais ils seront chassés par les Ottomans en 1522 et Charles Quint leur offrit alors l’île de Malte, c’est là qu’ils prendront le nom de « Chevaliers de Malte ». En échange de cette nouvelle terre, ils devaient assurer une défense permanente face aux Turcs. Ils devront les repousser en 1565 et participeront ensuite à la bataille de Lépante en 1571.
En 1798, L’Ordre se rend aux forces Napoléoniennes après une résistance symbolique. Mais en 1802 les Britanniques les expulsent et font de Malte une colonie. Après avoir tenté sans succès d’obtenir l’aide du tsar de Russie, l’ordre se retira dans diverses villes d’Italie. C’est à ce moment que la plupart de ses biens furent confisqués. Le Vatican décida alors en 1827de lui accorder un palais à Rome afin qu’il ne disparaisse pas.
Ce n’est qu’en 1988 que le gouvernement Maltais lui propose de réintégrer le fort Saint Ange, l’un des symboles de la puissance de l’ordre.
L’Ordre se voue de nos jours à l’aide humanitaire et assure également encore son rôle d’aide aux malades et autres blessés. Il dispose toujours du statut d’État indépendant et une délégation diplomatique la représente au conseil de l’Europe et à l’UNESCO.